La saison des résultats s'accélère aux Etats-Unis, tandis que la Chine est sur le point de publier une avalanche d'indicateurs économiques au coeur de la semaine à venir.
Cela devrait donner aux marchés, déjà fébriles, davantage de matière à réflexion après la récente vague de turbulences qu'à subi le secteur de l'obligataire et celui de l'intelligence artificielle (IA).
Parallèlement, les banquiers centraux en Indonésie et en Turquie doivent faire face à un nouveau casse-tête avec les menaces du fournisseur de l'indice MSCI monde, tandis que les électeurs au Brésil se préparent à choisir leur prochain président.
Tour d'horizon des perspectives de marchés dans les jours à venir:
1/ LA SAISON DES RÉSULTATS BAT SON PLEIN
La saison des résultats financiers aux Etats-Unis va s'intensifier dans les prochains jours, les investisseurs se concentrant sur Meta Platforms META.O et d'autres entreprises spécialisées dans l'IA, alors que le cours des actions de ces mastodontes technologiques fluctue grandement.
Meta, qui doit publier ses résultats mercredi, fait partie des géants du "cloud" (informatique dématérialisée) dont les investissements massifs dans les centres de données et l'infrastructure d'IA ont été un moteur essentiel du secteur. Face aux inquiétudes croissantes concernant le financement du déploiement de l'IA, les marchés souhaitent obtenir davantage de précisions sur le rendement de ces investissements.
Les résultats des sociétés de semi-conducteurs Lam Research
LRCX.O et Texas Instruments TXN.O pourraient offrir une nouvelle perspective sur l'essor de l'IA, tout comme les comptes financiers de Tesla TSLA.O , l'une des sociétés d'Elon Musk.
Parmi les autres résultats importants attendus dans les prochains jours, on peut citer Netflix NFLX.O , Procter & Gamble PG.N et GE Aerospace GE.N . Le consensus LSEG I/B/E/S montre que les bénéfices des sociétés du S&P 500 devraient avoir progressé de plus de 30% au troisième trimestre, confirmant ainsi une année faste en termes de profits pour les entreprises.
2/DÉLUGE D'INDICATEURS CHINOIS
Un bilan de santé de l'économie chinoise est attendu lundi, avec la publication du produit intérieur brut (PIB) du troisième trimestre, ainsi que des données de septembre sur les ventes au détail, la production industrielle et les investissements en immobilisation. Le taux préférentiel des prêts en Chine sera annoncé mardi et devrait rester inchangé après plus d'un an de stabilité.
L'économie chinoise a été soutenue par une forte demande mondiale de semi-conducteurs, de technologies dites "vertes" et d'autres produits manufacturés, en dépit d'une demande intérieure encore inégale et une hausse des coûts énergétiques. Les exportations se sont maintenues malgré le délicat exercice d'équilibre commercial que la Chine doit mener avec les Etats-Unis et l'Union européenne (UE).
Les derniers chiffres du commerce extérieur montrent que les exportations chinoises ont bondi, bien au-delà des prévisions des analystes, ce qui place le pays sur la voie d'un nouvel excédent commercial de 1.000 milliards de dollars cette année. La Chine avait franchi ce seuil pour la première fois en 2025. En revanche, ce boom des exportations pourrait accentuer les tensions commerciales avec ses principaux partenaires.
3/RETOUR DE LA RUÉE VERS LES ACTIFS REFUGE
Les obligations souveraines, traditionnellement considérées comme des actifs refuge, ont perdu ces derniers mois leur rôle d'amortisseur, malgré l'envolée des prix de l'énergie et des produits alimentaires sur fond de guerre en Iran.
Au contraire, les investisseurs n'ont cessé de revoir à la hausse leurs prévisions sur l'évolution des taux d'intérêt, dans un contexte notamment d'inquiétudes quasi chroniques concernant les finances des Etats des pays développés.
Cela a donné lieu à un marché obligataire peu réconfortant en tant qu'actif refuge, tout en peinant à rivaliser avec l'envolée des actions.
La corrélation entre les actions et les rendements obligataires est cependant devenue depuis peu positive, ce qui signifie que les rendements ont plus de chances de baisser lorsque les actions chutent. Cette corrélation était largement négative depuis le début de l'année.
Même si le lien entre ces deux classes d'actifs fluctue, la corrélation entre les actions et les obligations américaines a atteint en mars son niveau le plus négatif depuis au moins les années 1990. Concernant, les actifs européens DE10YT=RR
.STOXX , la corrélation est tombée au niveau le plus négatif depuis septembre.
4/SECOND TOUR SERRÉ AU BRÉSIL
Le second tour de l'élection présidentielle au Brésil, prévu le 25 octobre, maintient les marchés sous tension après la victoire surprise de Flávio Bolsonaro au premier tour. L'arrivée en tête du fils de l'ancien président d'extrême droite Jair Bolsonaro, a fait bondir les marchés actions brésiliens de 7,7% et le real de près de 4%. Un nouveau sondage Quaest crédite Flávio Bolsonaro de 46% des intentions de vote, contre 44% pour Luiz Inácio Lula da Silva, soit une égalité technique, si l'on retire la marge d'erreur.
Les investisseurs parient sur un resserrement de la politique budgétaire en cas de victoire de Flávio Bolsonaro, mais une grande partie de cet élément est probablement déjà intégrée aux cours boursiers. Le choix de son équipe économique et des signes de réformes crédibles pourraient alimenter de nouvelles hausses des actions.
Un retour de Lula au pouvoir pourrait, en revanche, inverser cette tendance boursière positive, les obligations à plus long terme et les entreprises publiques étant parmi les plus exposées. Un Congrès plus conservateur pourrait toutefois limiter l'influence de Lula sur la politique.
5/LE CASSE-TÊTE DE L'INDICE MSCI
Alors que les banquiers centraux indonésiens et turcs ont déjà fort à faire, ils doivent désormais gérer également les problèmes liés à l'indice MSCI.
La banque centrale indonésienne se réunit mercredi et celle de la Turquie jeudi dans un contexte de prix de l'énergie élevés, de coûts d'emprunt en hausse, de perturbations du marché dues à l'IA et d'incertitudes géopolitiques.
Le fournisseur de l'indice MSCI a proposé de retirer à l'Indonésie son statut de marché émergent et de sortir le pays d'une série d'indices. Une telle mesure risque de provoquer d'importantes retrait de capitaux et d'accroître la pression sur les responsables de la banque centrale du pays pour qu'ils relèvent les coûts d'emprunt au lieu d'opter pour le statu quo. Le principal taux directeur de l'Indonésie est actuellement fixé à 5,75%.
L'opérateur de l'indice MSCI a également mis la Turquie en garde contre une possible dégradation de sa note si les réformes du marché s'avèrent insuffisantes d'ici mi-2027. Cela devrait constituer un nouveau casse-tête pour les responsables de la Banque centrale de la République de Turquie favorables à une baisse des coûts d'emprunt alors que le taux directeur principal est actuellement à 37%.
(Rédigé par Gregor Stuart Hunter à Singapour, Lewis Krauskopf et Rodrigo Campos à New York, Amanda Cooper et Karin Strohecker à Londres; infographies de Prinz Magtulis; compilé par Karin Strohecker; version française Claude Chendjou, édité par Augustin Turpin)

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